Kristóf Deák : La chorale

Kristóf Deák, réalisateur hongrois de 35 ans, est devenu sans doute celèbre en Hongrie et dans le monde entier le 26 février 2017, après avoir gagné l’Oscar du Meilleure court court métrage de fiction pour son court court métrage intitulé La chorale. Dans cet article, je voudrais souligner quelques éléments fondamentaux de son histoire, comme les personnages principaux et leurs relation, ensuite je voudrais partager mes opinions sur l’œuvre en posant la question suivante : pourquoi a-t-il pu obtenir ce résultat exceptionnel?

Voici tout d’abord le sujet des autres courts court métrages qui étaient inscrits dans la même catégorie. Les Ennemies intérieurs, court métrage français réalisé par Sélim Azzazi, Silent Nights, court métrage danois réalisé par Aske Bang, traitent surtout de sujets politiques. La femme et le TGV, court métrage suisso-français réalisé par Timo von Gunten, et Timecode, court métrage espagnol réalisé par Juanjo Giménez, se concentrent sur les relations humaines.

Par rapport à La chorale, nous constatons que le court métrage hongrois présente un thème universel qui n’est pas tout à fait particulier : l’unité et la révolte contre l’autorité. Le titre français ne correspond pas à l’essentiel du court métrage ; il met l’accent plutôt sur la source du conflit. Par contre, le titre hongrois Mindenki [Tout le monde/Chacun] réfère au message du film : le « vrai pouvoir » réside dans la masse et pas dans l’individu. En ce qui concerne les protagonistes, il y a une nouveauté/originalité par rapport aux autres œuvres, parce que ce sont des enfants de 10-11 ans qui jouent le rôle principal. L’histoire, basée sur des événements réels, se déroule en Hongrie, dans les années 1990. Zsófi, une fille de 10 ans, commence à fréquenter une nouvelle école primaire où elle rejoint la chorale, mais la chef de chœur nommée Mmelle Erika lui « interdit » de chanter, elle doit juste faire semblant( elle n’est pas un cas isolé, plusieurs enfants simulent également). Zsófi et sa nouvelle amie, Liza essayent de résoudre ce problème ensemble.

Bien que je trouve le choix du lieu, des acteurs et de musique vraiment magnifique, j’ai deux remarques à faire concernant le conflit qui n’est pas vraiment réaliste à mon avis. Nous savons que dans le film, il s’agit d’une chorale qui a déjà obtenu beaucoup de succès en participant à des concours. Quand j’ai regardé le film pour la première fois, je n’ai pas compris pourquoi il y a des enfants dans une chorale dite competitive s’ils ne peuvent pas chanter ou qu’ils chantent faux ? Ce serait la tâche, la responsabilité de la chef de chœur de sélectionner ceux qui montrent un certain talent dans le chant. Je sais que le directeur d’école mentionne au début du film que tout le monde est encouragé à rejoindre la chorale, pourtant je ne comprends pas pourquoi ils n’en existent pas deux ? Une pour l’amusement des enfants, une pour les concours. Selon moi, la seule explication logique est que le directeur d’école et peut-être la chef voudraient donner une chance égale à tous les enfants.

Mon autre remarque concerne la fin du film: le comportement de la chef de chœur me semble un peu exagéré, puisque je ne peux pas imaginer une situation où une professeur ou tout simplement un adulte disent aux petits enfants : « Petits cons. ». Cette phrase m’a pratiquement choquée dans la version hongroise. Ce moment me prouve que Melle Erika ne s’intéresse qu’à la victoire, les enfants fonctionnent comme des moyens pour renforcer sa réputation personnelle.

Malgré ces « petites défauts » détaillées ci-dessus, j’ai pris du plaisir à regarder ce court métrage, car il m’a évoquée des sentiments de nostalgie. J’adorait l’école primaire et de temps en temps, je souhaiterai d’avoir 10 ans à nouveau. De plus, la réalisation géniale de Kristóf Deák montre les caractéristiques des enfants de façon authentique. Ces enfants ne sont pas encore « corrompus » par notre société ; ils se caractérisent par leur sincerité. Bien que ceux qui chantaient juste devaient faire plus d’efforts dans la chorale pour compenser les enfants qui font semblant, il n’y a pas de conflits entre eux, ce que je considère comme une vraie surprise. Ils reconnaissent la responsabilité de la chef, en plus ils ont du courage de se révolter ensemble contre cette autorité injuste. Cette acte devrait servir comme un exemple à suivre pour les adultes qui se montrent plus enclins à blâmer les faibles au lieu de se confronter aux vrais responsables (p.e. au lieu du travail). C’est une solution de facilité.

Selon mon interprétation personnelle, le thème du film reflète encore un phénomène relativement récent : il n’est pas conseillé de critiquer les enfants, parce que toutes sortes de critiques « nuisent a leur âme » ; nous devrons simplement les laisser faire n’importe quoi. Dans ce cas-là, le représentant de cette attitude est tout d’abord le directeur, probablement plein de bonnes intentions (je suppose qu’il n’a aucune idée de l’intervention discriminatoire de la chef de chœr). Cependant, ce type d’attitude conduirait aux conséquences sérieuses à long terme : l’enfant risque de ne pas développer sa propre connaissance de soi. Il ne serait pas conscient de ses points forts et faibles, ce qui poserait un problème dans l’intégration à l’école ou au travail. C’est la raison pour laquelle l’idée noble de donner une chance égale à tous ne fonctionnerait pas dans la majorité des cas ; il y aurait toujours un obstacle (p.e. la chef).

En somme, je voudrais recommander à tout le monde de regarder ce court métrage au moins une fois. L’histoire d’une chorale d’école primaire peut sembler banale et simple, pourtant elle contient des idées originales et bien construites. Il n’est pas surprenant que Kristóf Deák ait gagné de nombreux prix pour son œuvre (notamment un Oscar).

Andrea Sipos